D'ici à demain / Maurice Jean Claude Hiquet
 D'ici à demain / Maurice Jean Claude Hiquet

Documents d'actualité: L'eau un bien premier / Des manifs "spontex" / Reprendre les colonies de vacances / Crédibilité

Je mets ici un texte de 2010, dans un moment de débats à la mairie de Tarnos. Il me paraît  d'actualité. JCH.
 

L’eau un bien « premier »*

 

Par rapport à l’eau, si les questions des structures ou sociétés de gestion se posent il convient aussi d’engager la réflexion du point de vue du citoyen-consommateur sur les tarifications proposées et la qualité du service.

Si d’une part, on affirme que l’eau est un « bien premier »impératif pour la vie même, ce qui est vrai, on ne peut pas par ailleurs considérer que sa tarification ne tienne aucun compte des disparités de revenus. Au fond, il s’agit, aussi dans ces domaines, de       « marqueurs de gauche »qu’il convient d’activer.

La tarification de l’eau, les tarifications de l’énergie,
La loi LEMA de 2006 permettent  des tarifications choisies à compter du 1erjanvier 2010. Aujourd’hui le tarif comprend 2 parties, une part fixe égale pour tous et une part variable qui voit le prix du m3 baisser quand la consommation augmente. Il faut savoir donc, que plus on consomme d’eau, moins on la paye cher.

Ceci est une aberration du point de vue écologique, une injustice qui voit mettre sur un pied d’égalité des familles que tout oppose sur le plan des revenus. La gauche se doit de tenir compte des précarités extrêmes existant en France pour que la tarification de l’eau soit réellement juste. Etant donné que, comme le dit Danielle Mitterrand, « l’eau pour tous, c’est l’eau pour tous ceux qui peuvent payer », une gratuité partielle, comme le propose la Coordination "Eau Île-de-France" pourrait être une alternative viable.

Il serait possible :


-   D’indexer la part fixe par personne sur les revenus du foyer. Les communes savent pratiquer cela pour les prix des repas dans les restaurations scolaires. Il n’y a aucune difficulté de mise en œuvre. C’est une question de volonté politique.

-   Pour la part variable, de faire en sorte que, les 20 premiers m3 d'eau annuels et leur assainissement, par personne, soient gratuits. Au delà le service serait payant. Il serait même progressif, mais dans un sens inverse à celui d’aujourd’hui: plus vous consommez, plus vous payez.

      Nous réalisons ainsi une forme d’équité et une mesure écologique de lutte contre le gaspillage.

Les services publics sont indispensables à chacun. C'est un droit inscrit dans la constitution.

Nous pouvons en faire un droit réel pour chaque individu en instituant un forfait de base gratuit pour tous. L’eau est un bien premier, de survie. Comment après un tel constat partagé, ne pas en tirer les  conséquences ? La politique serait donc à ce point écartelée entre les mots et les actes ? 

Ce qui est montré pour l’eau est généralisable.IL convient donc de se prononcer pour des tarifs progressifs inversés de l'eau, de l'électricité, de l'assainissement, des ordures ménagères, et pour un forfait de base gratuit pour tous.

                                                                                       Jean Claude Hiquet 01-02-2010

* Certains éléments notés proviennent de mises en œuvre partielles, en cours en Ile de France ou en Midi Pyrénées.

Gilets jaunes. Les "spontex" de 2018. La "force citoyenne"
 

Qui sont les gilets jaunes? Probablement les plus inquiets, défavorisés, les plus intrépides de la strate basse des classes moyennes. Mais soutenus par quelques "bobos" ou "bourges" pleins de compassion. Tous les partis politiques traditionnels ont multiplié les efforts pour prendre leur train en marche.

Leur mouvement est inédit dans la période contemporaine. Ce sont les "Spontex" de 2018. Ce terme caractérisait, en 68, ceux qui prônaient l'expression spontanée "des masses"comme on disait à l'époque. Ils refusaient tout encadrement et se trouvaient tenus à distance par, en particulier, le service d'ordre de la CGT. Ils étaient une infime minorité.

La comparaison avec 1968, s'arrête là. En 68, le mouvement partit (Autour d'organisations telles que l'UNEF)  d'une jeunesse étudiante favorisée. éprise de liberté qui devait affronter une société archaïque. La jonction avec les syndicats et le monde ouvrier était souhaitée et eut lieu dans un second temps. Mais sur le plan politique ce fut le "parti de l'ordre" qui l'emporta fin juin, après une dissolution de l'assemblée.

Aujourd’hui nous avons à faire aux "spontex" qui "ne sont rien"selon le bon mot de notre président. Et ils veulent "être tout" maintenant. C'est l'expression de cette France marginalisée, "d'en bas", qui explose en cette fin 2018. 

Ce mouvement, peut être "une chance". C' est "Macron" qui l'a affirmé. Et voila que chacun tente de surfer sur cet épisode "Gilets jaunes". Mélenchon fonctionne comme au bon vieux temps et en est devenu pathétique quand il a appelé à de nouvelles manifs samedi dernier ou quand il affirme que le programme des gilets jaunes est quasiment le sien. Le PS ne recule devant rien en appelant à des référendums, comme si cette procédure lui était coutumière en étant aux responsabilités.

La récupération ne fonctionnera pas. Ce qui peut fonctionner, c'est, enfin, le renouvellement du logiciel d'une gauche qui se prononce enfin pour la fin des privilèges privés ou d'Etat. C'est à cette condition que la connexion avec la société se fera. Et puis " L'ordre juste",  "Les citoyens sont aussi experts de leur propre vie", " la force citoyenne", la "Démocratie participative" c'est parlant aujourd'hui ,non!

                                                                                                Jean Claude Hiquet  20-12-2018

Les vacances : Ségrégations et lourd déclin de l'offre éducative*

 

Les vacances sont le révélateur en l'amplifiant de tout ce que notre société peut comporter d'inégalités, de frustrations ou de communications mensongères.

En réalité, selon la tv, tout le monde est en vacances au mois d'août.  Les images témoignent du bien vivre à la française, (et dixit notre président), "l'art d’être français", qui veut que l'actualité soit la plage l'été, et la neige l'hiver.

 

Pourtant il y a ceux qui partent et ceux qui ne partent pas, et entre eux le fossé ne fait que s'élargir.

En moyenne, six Français sur dix partent en vacances l’été. Mais cette statistique cache de grandes disparités : 85% des hauts revenus profitent de l’été contre 40% des bas revenus

Le niveau de vie et les relations sont des facteurs déterminants.

Pour ceux qui partent où dorment-ils ? Le plus souvent, ils sont hébergés par des proches : 30% des nuitées de vacances sont passées dans la famille et 6% chez les amis. 

On voit bien que les lieux d'accueil existant ne sont nullement conçus pour des vacances simples avec tente. Les campings ont augmenté leurs nombres d'étoiles ainsi que leurs prix. Ce sont des mobil-Homes qui sont loués à des tarifs excluant de plus en plus les classes moyennes.

Les sports d'hivers, eux, bénéficient d'une couverture médiatique qui dépasse l'entendement, alors qu'il ne s'agit que de 8% de la population au moins une fois tous les 2 ans.  

 

Les vacances qui devraient être propices au brassage social ont en réalité pour résultat une ségrégation qui ne dit pas son nom. Ceci est encore accentué avec le déclin des centres de vacances.

Il y avait 800000 enfants en 2017 dans les centres de vacances pour 2 millions dans les années 80, et 4 millions dans les années 1960. Cette évolution est d'autant plus terrible que les centres actuels sont devenus hors de prix. Ils sont ultra spécialisés dans des activités couteuses et finalement les enfants de l'élite ont tendance à se retrouver entre eux. Ils concernent soit les très riches, soit les très aidés, minoritaires. Le brassage social est terminé, comme est terminé l'apprentissage des valeurs de base que les "Colos" permettaient : vie de groupe, respect des autres, fraternité, démocratie, responsabilité...

 

Le département des Landes disposait de nombre de structures à la mer ou à la montagne. Ce n'est plus le cas. A Tarnos, il y avait dans les années 60, 5 lieux d'accueil ou centre de vacances dans la commune sans compter Eysus propriété des villes de Boucau et Tarnos. Les enfants des 2 communes ainsi que des Bayonnais s'y retrouvaient jusqu'au milieu des années 1990. Puis vint le temps des normes couteuses, des menaces de fermetures et de la nécessité d'investissements tels que le maintien de cette structure était devenu impossible.

La gauche qui en 1999 a inventé le Contrat éducatif local fut incapable, dans une période de relative aisance économique, d'empêcher une véritable privatisation de fait, de l'offre éducative durant les vacances.

 

Ainsi le nouveau siècle a donné le signal de la fin des colonies de vacances pour tous. Pour les enfants défavorisés s'il y a les restaus du cœur pour les repas, il reste les initiatives du secours populaire ou autres pour découvrir mer ou montagne. Mieux que rien? Ce "Rien" intolérable.

Bref la charité publique a remplacé, l'irremplaçable éducatif, proposé par les centres de vacances. C’est pour quand le retour du brassage social pour tous dans de nouvelles colonies de vacances ?

                                                                              Jean Claude Hiquet 1er Août 2019

* Chiffres provenant de l'INSEE du CREDOC ou de " l'Archipel français" de Jérôme Fourquet.

Gauche Exemplarité ??

 

Encore ce matin, au super marché, je suis interpelé, "Alors la gauche" puis ensuite "C'est une catastrophe" et "Ils sont devenus dingues". Des regrets pointent avec : " Pourtant il y avait tant à faire, tant de possibilités" et en guise de conclusion pour le PS " On ne peut plus faire confiance à des gens qui ne sont pas exemplaires". Le lien est rompu. L'attelage PS n'imprime plus rien. D'ailleurs depuis longtemps il va à "hue et à dia". On va voir ailleurs même si rien n'est garanti, mais c'est nouveau et il y a une chance.

Elles sont multiples les causes de cette perte de confiance.  J'en citerai 3:

-  La distorsion profonde entre les paroles et les actes

Les paroles berceuses d'illusion, ça va, on a pigé. Mais c'est permanent dans l'histoire du PS et de la gauche. Si on revisite l'histoire il y a la formule "Mon projet c'est de prendre le pouvoir pour vous le rendre" de Mitterrand avec les propos sur "la Finance" et "l'Europe" de Hollande. "La normalité" de ce dernier avec la "mise en scène" outrancière de son mandat l'ont discrédité.

- La relation à l'argent. On ne doit pas en parler même si bon nombre de fédérations PS ne sont même pas en règle avec leur propre statut. Je me souviens en 2007 avoir évoqué le sujet des avantages des parlementaires en Bureau fédéral. Réponse quasi unanime : ces questions font je jeu du front national donc ça reste interne. On sait bien aujourd'hui que des dérives de toutes sortes se sont produites et ce n'est pas un audit limité à la campagne de Hamon qu'il faut mais une mise à plat généralisée. Ce tabou du fric coute cher à l'exemplarité pourtant sans cesse revendiquée.

- La pratique arrogante et clanique des responsabilités. Le centralisme démocratique désuet préside au fonctionnement à gauche et au PS. La verticalité s'impose avec les attributs très monarchiques des élites de gauche ou de droite, qui sont aux commandes. Les courants divisent la gauche qui est devenu un ensemble clanique chacun en quête de territoire à faire prospérer. Les "écuries" l'emportent sur l'intérêt général comme "la fronde " (Présidence Hollande) coute que coute l'avait emporté sur la conscience de l'avenir.

Il y a bien d'autres causes à la perte de confiance des citoyens et au dégagisme qui en est résulté. La démocratie interne à gauche reste bien plus opaque que le fonctionnement en conclave de l'Eglise catholique.

 Il serait illusoire de trouver des boucs émissaires. Un big bang s'est produit en mai dernier. Le PS Titanic de la gauche a été envoyé par le fond. La tentation sera grande de faire une maquette à l'identique, Prenons le temps de débattre sans autres présupposés que la connexion avec la vie telle qu'elle va, pour imaginer les orientations de notre temps.           Jean Claude Hiquet. 15-08-2017

Saint Jean de Marsacq 

 Bayonne

Mairies du Seignanx et Bassin de vie

Ces mots de Voltaire sont éclairants. Il livre une définition du fanatisme
Laicité. Voltaire.BN PS.pdf
Document Adobe Acrobat [55.6 KB]

CAUTERETS

Version imprimable | Plan du site
© Jean Claude Hiquet | D'ici à demain