D'ici à demain / Maurice Jean Claude Hiquet
 D'ici à demain / Maurice Jean Claude Hiquet

L'enfance, mes lieux, mes proches, et ces moments ... Saint Jean de Marsacq.

 

"On est du pays de ceux qui nous aiment et qui nous ont aimés".  Miquèu Maffrand. Nadaou

"L'enfance est le tout d'une vie, puisqu'elle nous en donne la clef"  François Mauriac

Conscience d'appartenir alors davantage à ce village

Voila une page dédiée à ce qui a fabriqué mon futur: mon village de St Jean, le quartier de Vicot et Lartigue (Photo Maison Lartigue), ces terres à la lisière des landes de pins.

Ces pages auront pour cadre des lieux mais aussi des personnes qui m'ont fait grandir dans mes engagements, et dont les mots m'ont toujours accompagné et continuent  encore  de m'entourer.

Parmi ces personnes, il y aura mes proches à Lartigue ou au Bragas, à Saubusse aussi, ainsi qu'à Labouheyre. L'enfance on ne s'en remet jamais.  MJC 7-05-2023      

(Photo. Mairie actuelle)

St Jean de Marsacq. 

Si près… Si loin…

 

j’ai quitté ce village, à 11 ans, pour n’y revenir que pour des visites fréquentes, des événements, des invitations ou la création récente d’une association.

Les détours de la vie, les choix voulus ou subis en ont décidé ainsi. Il ne s’agit pas ici de regretter mais de dire et de comprendre.

 

A 11 ans on accepte sans rechigner. C’était pour la 6ème. En 1956, pas de collèges. Après un concours je suis admis au Cours Complémentaire de Labouheyre avec mon oncle que j’aimais, comme directeur. J’y étais choyé, avec pour moi, une destinée suggérée scientifique, et ingénieur était le but proposé. (Bien plus tard j’ai découvert en lisant le document d’orientation après la 3ème que les filières littéraires m’étaient conseillées)

 

Je me retrouvais donc en juin 1960 après un concours réussi, accepté au lycée ST Cricq à Pau. C’était le meilleur. Patatras, au mois d’août, mes parents apprennent qu’aucune place n’est disponible à l’internat. En catastrophe il me fallut trouver un établissement. Des connaissances, essentiellement Mr Lapassouse de Labouheyre, ont fait en sorte que je sois admis dans une seconde technique, interne à Angoulême, avec obligation de suivre une fois par semaine des cours d’Espagnol avec Mme Castéra, n’ayant jamais fait d’Anglais,ma classe n’étant qu’avec des anglicistes. 

 

 A 15 ans on accepte par raison. Voila donc un parcours, Interne, 4 années, à Angoulême. En plus en 1960, la rentrée est avancée au 16 septembre. C’est inexorablement, précipitamment, que je me retrouvais au Lycée de Sillac, pour 4 années.

Le 30 septembre, ce furent les obsèques de mon parrain Maurice, Maire, que j’adorais. Il décédait d’un accident de la route survenue en haut de la côte de La Marquèze sur la commune de Pey. Je ne suis pas venu à ses obsèques. Ça n’a pas été souhaité. Je n’ai connu ces événements qu’après. J’ai dû gérer, seul, dans ce monde nouveau. J’ai pu écouter, partager, aux vacances de Toussaint, fin octobre. Un traumatisme familial, il avait66 ans. (Voir article « Le meunier du Bragas »)

 

Dans cette chambrée morne, dortoir à chambres de 2 ou 3, propice à tous les ennuis, à tous les excès, on se construit un monde à nous par la force de la vie, par la force du réel qui oblige à être. On EST donc par survie, puis par la suite par choix. 

St Jean de Marsacq devient donc si loin, mais aussi si près au très fond de notre être. Cet état d’esprit a perduré par la suite. Que ce soit à la fac à Bordeaux, à Toulouse, en Normandie ensuite et même à Tarnos, je ne me suis jamais défait de dette double vie par rapport à St Jean. 

J’ai toujours dit « Chez moi » d’ailleurs. J’ai toujours été, dans un même mouvement « si près » et « si loin ».

JC Hiquet 27-03-2026

    J'ai donc éprouvé le besoin de participer à la constitution d'une association pour recoller, refaire greffe avec cette période des années 1950 qui a accueilli mon enfance. C'est Maïté Libier qui m'avait contacté, d'abord pour un article sur le moulin du Bragas, inséré dans le bulletin municipal. Je le mets plus bas. Il y eut ensuite l'association... dont je deviens Président avec Jean Bernard Tastet en 2022, qui m'a replongé dans le bain de mon enfance. Cela a accentué un besoin de dire, d'écrire, incompatible avec trop de responsabilités associatives qu'il me faudra rapidement mettre à juste distance

 

  Une nouvelle association:« Marsacq

 Mémoire et Patrimoine d’auts cops a doman » Photo prise devant la Mairie Rappel révolte des Métayers

 

Et voila une nouvelle associationPourquoi?

Elle est née, en fait, à partir de beaucoup de questions anciennes, comme par exemple: Pourquoces noms, St Jean, la "croix blanche"? On a parlé de moulins. Lesquels? Où sont-ils? Et le Peyroux c'est quoi? J'ai voulu y aller, je n'ai pas trouvé. Et l'Adour? Il y avait des fêtes de l'Adour? Le blason de la mairie pourquoi est-il ainsi? Que de questions entendues! Que d'histoires souvent pittoresques rapportées! Que de lieu à redécouvrir! 

  Chaque nouvelle maison est bâtie sur une parcelle qui a un nom. Chaque chemin est une histoire à lui tout seul. Et cette langue des anciens que beaucoup veulent retrouver, c'est aussi l'identité de ce village. jch. 7-07-2022

   Suite plus bas

Une nouvelle association:« Marsacq Mémoire et Patrimoine d’auts cops a doman »
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Le Meunier du Bragas,          Maurice Nongain

Texte inséré dans une page de dossier sur les Moulins. Bulletin municipal. St Jean de Marsacq
La Maison du Bragas date de 1751 d'après une inscription gravée sur une pierre. Elle est située aux confins de St Jean de Marsacq, presque au bout de la route de Lurcq, à moins de 1km à vol d'oiseau de l'Adour. Elle est située au fond d'un vallon arrosé par le ruisseau de Pinot qui prend sa source, pas très loin, entre Saubrigues et St Martin de Hinx. 

Ce ruisseau a un débit régulier, relativement consistant, qui avait autorisé la construction d'un barrage permettant ainsi au creux de cette cuvette l'installation d'un moulin. C'est là que je me suis rendu, encore très jeune enfant, seul pour la première fois, avec mon premier vélo. Il fallait, à l'époque, prendre le chemin passant devant Barat, étroit et caillouteux, avec une descente raide et dangereuse menant à Lahitète. 
C'est de là que l'on apercevait l'arrière de l'étang du Bragas. On le longeait pour arriver à la Destoute, cascade naturelle, point de départ de la digue barrant le ruisseau. On le traversait, sur un pont qui était en fait un lieu central, car c'est là que s'ouvraient ou pas, les vannes, qui devaient être surveillées  pour un niveau convenable de l'étang. En longeant les immenses platanes sur la digue me voila parvenu à destination. 


Je m'arrêtais souvent sur le pont de la tranchée creusée pour l'évacuation de l'eau provenant du moulin situé à côté. Je voyais d'un seul coup d'oeil si le meunier s'y trouvait ou pas. Souvent il s'y trouvait. Après avoir contourné le chien dont je me méfiais, et dit bonjour à toute la maisonnée, un peu plus loin, j'avais hâte de le retrouver. 

C'était un homme grand, droit, souriant derrière sa moustache discrète, et rigoureux en tout. C'est son père, meunier lui même à Orx, qui s'était installé au Bragas.Je retrouvais là, cousin et cousine dans une atmosphère pleine de vie et naturellement hospitalière. 

Ce lieu était configuré  par l'étang et donc par le moulin attenant ou je me rendais le plus souvent possible. Il représentait pour moi, quelque chose de l'ordre du sacré. 


J'y allais sur invitation du Meunier et c'était une joie intérieure indicible que j'éprouvais alors. J'avais bien entendu des recommandations impératives à respecter: ne toucher à rien et ne pas rentrer barbouillé de farine. 
L'intérieur du moulin avait des espaces bien définis en face de la machinerie permettant son fonctionnement. Il y avait le coin des sacs vides ou prêts à livrer et à l'opposé ceux contenant le grain à moudre. Dans un coin une petite table était dressée avec documents ou papiers divers et une balance à bascule imposante trônait au centre de cet espace. 
Le travail est physique et méticuleux car outre les sacs à transporter il faut coordonner l'arrivage du grain sur les meules et le débit d'eau nécessaire. Il impliquait réactivité, rigueur et aussi sens de l'observation 
Les bruits dans le moulin: eau de torrent qui dévale; un tic tac lancinant;  bruits de pierres qui se percutent et se frottent. Mais quelle douceur cette farine qui arrive par petits jets successifs! Il y avait des odeurs de maîs séché et de fruits confits.

Après la production, venait le temps de la pesée. C'était à ce moment là que se déterminait la valeur du travail de la tournée du jour. J'étais toujours étonné et attentif aux pesées diverses opérées par le meunier. Je le regardais, parfois lui passant des poids mais l'écoutant aussi faire des commentaires sur tel ou tel sac. Je l'ai même vu, me semble-t-il, hors pesée ajouter un gobelet de farine à tel ou tel client sans doute méritant. 

 

Il y avait des farines, du son, de la rèze entreposés pour des clients qui passaient, mais les tournées étaient nécessaires. Elles concernaient St Jean de Marsacq et une partie de StMartin pour l'essentiel. La famille assumait sa part de relations avec la clientèle. C'était parfois  la soeur de Maurice Nongain, Marthe, qui juchée sur une mule partait livrer quelques sacs. Plus tard, une camionnette était utilisée. Maurice  conduisait peu, conséquences indirectes de blessures de la guerre qui s'était poursuivie pour lui  lors de l'intervention aux Dardanelles fin 1918. Il y avait contracté le Paludisme.

Pour les livraisons c'est son gendre Gérard qui, plus tard, les assurait, tout en étendant les services proposés en direction de Tyrosse ou Peyrehorade les jours de marché.
La vie du Meunier du Bragas était donc toute entière tournée vers son moulin, pas uniquement au moment de moudre le grain ou des livraisons, mais de façon permanente. pour l'entretien de l'étang ou de la digue. J'ai le souvenir d'une soirée d'orage, avec un temps détestable, et  Maurice, sa soupe servie, partit toutes affaires cessantes vérifier les vannes de la destoute. Il fallait agir vite et le voila déjà loin, dans la nuit, à grandes enjambées, comme d'habitude.

Mais dans ces années 50, peu à peu, l'époque des moulins et des meuniers dans chaque village va toucher à sa fin. Et le moment de l'ouverture des vannes pour vider l'étang, récolter le poisson, fut pour toute la famille une journée partagée très émouvante.
C'est l'établissement des "Moulins de Paris " à Peyrehorade qui prit la relève. Gérard, s'y rendait tous les mercredis. Je l'y accompagnais souvent.

 

Maurice Nongain était une personnalité volontaire, déterminée, à la répartie cinglante, d'une culture historique immense. Il était admirateur de Clémenceau, mais discret sur cette guerre qui avait marqué sa vie. Il lui fallait en tout cas se tenir informé de tout et le plus souvent possible. Après avoir fermé la porte évitant les bruits de la cuisine, il s'asseyait devant le poste de radio à 8h pour les informations. Il ne me prenait sur ses genoux à ces moments là, qu'à la condition que je me taise. C'est avec joie que j'acceptais ses recommandations. Il est vrai que je l'admirais beaucoup et même que je le chérissais.

Quand en 1953 il fut élu Maire, les fins d'après midi et les soirées se passaient à la Mairie. Et c'est à vélo qu'il s'y rendait. Décédé accidentellement, il y a 60 ans dans l'exercice de ses fonctions, c'est à juste titre que Maurice Nongain fut le nom donné à l'école de St Jean de Marsacq. 

MJCH. 30-11-2020

 

Saint Jean de Marsacq 

RECLAMES

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Mairies du Seignanx et Bassin de vie

Ces mots de Voltaire sont éclairants. Il livre une définition du fanatisme
Laicité. Voltaire.BN PS.pdf
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