Jean Claude Hiquet | D'ici à demain
Jean Claude Hiquet | D'ici à demain

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Rentrée masquée...dépistée ? 

Le port du masque est donc  une obligation, pour les élèves dès la sixième, et pour tous les personnels. 

Cette rentrée masquée est la principale mesure, avec le retour en classe de tous les élèves et les gestes barrières à mettre en œuvre.

J'ai bien sûr une pensée pour ces collègues (J'ai enseigné en Lycée professionnel), qui devront assurer la classe. Une difficulté majeure. Assurer des explications efficaces implique articulations, tonalités adaptées. Les classes nombreuses seront difficiles à gérer. 

Il serait donc opportun de saisir ce moment si particulier, pour faire classe autrement, pour expérimenter localement. Ceci révulse les centralistes de droite , de gauche et d'ailleurs, qui en redemandent  des décisions prises à Paris sur tout et partout. Pourtant des tolérances dans l'organisation du travail feraient des profs, des acteurs et non de simples exécutants, à l'abri des parapluies des préfets de l'éducation que sont les recteurs.

 

Alléger les groupes classes quand les locaux le permettent, sinon aussi utiliser des locaux proches si c'est possible. En finir avec le dogme le l'enseignant toujours présent devant sa classe en permettant l'organisation de travaux dirigés en autonomie avec simple surveillance. En finir avec une organisation du temps et de l'espace disponible, figéeIntégrer le numérique dans les apprentissage y compris dans des pratiques alternatives aux cours traditionnels. 
Une tribune signée par des médecins, publiée par Sud Ouest, affirme que "l'école n'est pas prête" pour cette rentrée. Il est proposé par exemple "d'alterner présentiel et enseignement à distance, de limiter les contacts entre les classes avec un échelonnement des récréations et de la cantine" et ... une rentrée masquée dès 6 ans.

 

Bref une autre pratique du métier est à imaginer, décentralisée, et responsabilisant les personnels des établissements. Le contexte extrême que nous connaissons l'impose.

Ce contexte de stress et de culpabilisations diverses et variées implique de retrouver bon sens et efficacité par rapport à la pandémie. Où en est la médecine scolaire? Progressivement disparue depuis les années 80. J'ai le souvenir de radios pulmonaires généralisées dans les écoles, périodiquement. C'était obligatoire pour le personnel.

Qu'en est-il aujourd'hui des tests dans les établissements? Personne ne dit mot. Pourquoi pas une rentrée dépistée en même temps qu'innovante! c'est le seul moyen de savoir, donc d'isoler, pour enrayer cette 2ème vague qui se prépare.

Les 2 dimensions sanitaire et d'innovation pédagogique doivent être prises en compte si on prend la mesure des difficultés réelles et de la déroute éducative qui menace
                                                                                                Jean Claude Hiquet 29-08-20

Bac 2019. Qui a gagné? Blanquer. Qui a perdu? une mobilisation devenue "actions  commandos"

 

 

L'épisode Bac 2019 est terrible pour certains jeunes et le corps enseignant. Il est terrible aussi par ce qu'il montre un mouvement social impuissant, transformé en stratégies de commandos et Blanquer l'a emporté.

 

Fallait-il réformer le Bac?  Oui évidemment.Le bac était vieillot, une machine à entasser des connaissances. Il était trop lourd, impersonnel et exigeant des réponses stéréotypées, induisant des pédagogies et des comportements de "bachotage". Sa transformation était indispensable.

Mais le faire en 2 ans? Pourquoi? Et la concertation? l'expérimentation? Rien. Une occasion gâchée. Pourtant les orientations proposées auraient pu donner matière à compromis sur plusieurs sujets:

+ Alléger le nombre de matières  et parvenir à une offre d'options bien réparties sur les territoires.
+ Allouer une prime au travail régulier avec un rôle accru du contrôle continu.

+ Personnalisation de l'examen avec un oral portant sur la présentation argumentée d'un projet et non sur un fond de culture générale.

 

Le ministre est resté d'un jacobinisme traditionnel. Il est vrai que le syndicalisme enseignant est davantage attaché à la défense des acquis plutôt qu'aux rénovations du métier par principe sources de méfiance.

Il n'est pas étonnant que le mot d'ordre de boycott du Bac soit venu d'abord d'un des syndicats les plus conservateurs repris ensuite par d'autres formations restant très centralisatrices.

Ce mouvement, a conduit à soupçonner la sincérité des résultatsdans des situations peu nombreuses.Ce fut suffisant pour enlever toute crédibilité à un mouvement enseignant qui s'est trouvé piégé par des groupes minoritaires. Les "actions commandos" ont un effet inverse du but recherché.

Cette stratégie de la tension, un jusqu'auboutisme, minoritaire et minorisant vont discréditer pour longtemps les mouvements légitimes dans l'éducation nationale.

 

                                                                                                          Jean Claude Hiquet 18-07-2019

Rentrée 2018. Du très bon...au pire

 

La rentrée 2018 permet de faire un premier bilan après 16 mois de gouvernance Macron / Blanquer. Au PS d'habitude on ne fait pas dans la "dentelle", Il faut s'opposer donc tout est mauvais et on retrouve ce vieux réflexe sectaire dans nombre d'interventions syndicales ou politiques. Cette attitude nuit gravement à la crédibilité que doit retrouver la gauche de gouvernement.

  Des mesures qui devraient être largement soutenues
Disons tout de suite que nombre de mesures, si elles avaient été prises par la gauche auraient été largement soutenues. On en citera 5:
+ Les dédoublements des CP/CE1 des zones défavorisées. Enseigner devant des groupes restreints est efficace et une attention peut être portée à chacun. C'est une évidence et une extension de ces possibilités est indispensable.
+ La réforme du bac. Elle était souhaitée et attendue. Elle comprend une épreuve orale  en vu de défendre un projet d'avenir personnel. ( Comptant pour le quart de la note finale). Cette épreuve est basée non sur un "héritage" culturel, un programme, mais sur la capacité à argumenter.
+ La scolarité obligatoire à 3 ans. Certes c'était un acquis de fait pour 95% des enfants. Mais ce sont les 5% d'enfants déjà marginalisés qui posent problème. C'est une mesure essentielle qui aura pour effet une meilleure intégration familiale.
+ Le volet éducatif du plan "pauvreté", concernant l'alimentation et les crèches. Les héritiers de la pauvreté la transmettent et c'est ainsi qu'elle se construit. Les mesures d'accompagnement des familles des la petite enfance est une première réponse. Un service public de l'insertion sera le bienvenu.
+ La formation professionnelle obligatoire jusqu'à 18ans. Cette mesure complète l'obligation scolaire jusqu'à 16ans, et constitue une réponse aux 130000 jeunes sans formation qui ont quitté depuis longtemps le circuit scolaire.

        Semaine à 4 jours: démagogie et irresponsabilité.
 Pour ce qui est de la semaine de 4 jours et demi 
c'était une bonne mesure que d'alléger la journée. On sait que l'apprentissage du matin est meilleur et que les capacités de concentration sont limitées dans le temps. On sait que les enfants les plus défavorisés auraient pu découvrir l'après midi, toute une batterie d'activités du Yoga au théâtre en passant par la citoyenneté. Lutter contre l'échec scolaire aurait dû conduire à tenir compte de ces évidences. Mais par démagogie, populiste pour le coup, la semaine de 4 jours et demi fut enterrée. En effet  85% des communes françaises repasseront à la semaine de quatre jours, lors de la rentrée 2018, selon le ministre de l'Education Nationale.
Il est vrai que la gauche, par précipitation, sans éprouver le besoin de convaincre avait réussi à galvauder une mesure pourtant essentielle pour la réussite de tous les enfants.
Mais dans les landes c'est l'inverse qui s'est produit. Seulement un quart des écoles sont passées à 4 jours. Plusieurs explications. D'abord  les positions du conseil départemental et ensuite, la réflexion sur ces sujets a commencé tôt. A Tarnos, ce fut dès la parution des décrets sur le CEL (Contrat éducatif local) en 1999. Dans les landes, il existe une tradition de présence des mouvements d'éducation populaire. Il faut ajouter la volonté des élus, pour faire en sorte que soit d'abord considéré l'intérêt de l'enfant.

       De nombreuses difficultés ne sont pas assumées.
Lors de cette rentrée 2018, de nombreuses difficultés dans notre système scolaire n'ont pas été traitées. De nombreuses difficultés ne sont pas assumées.Rien sur certains sujets qui nuisent gravement à l'efficacité de notre système éducatif dans le droit fil de la droite. Par exemple:
+ La mixité sociale. Rien sur la carte scolaire. Les quartiers "ZEP" restent entre eux, en regroupant exclusivement les enfants déjà marqués par la vie. Le discours "Républicain", face à cette réalité fait pale figure.
+ Les classes surchargées. Elles sont légion. On voit des classes à 2 niveaux en primaire, CP/CE1 à 28 ou davantage. C'est bien trop. Et que dire des classes de seconde ou premières de Lycées dépassant fréquemment les 30. 
+ Les revalorisations du métier d'enseignant ne sont pas au rendez vous. Les heures supplémentaires étant  favorisées on est simplement dans le "Gagner plus en travaillant plus" de Sarkozy. On est pas dans la logique d'un métier de plus en plus reconnu et donc valorisé.
+ L'enseignement des langues. Rien de sérieux n'est réalisé dans ces domaines. Alors qu'on sait bien que c'est à 6 ans qu'il convient d'apprendre et de maîtriser une langue on en est encore à des sensibilisations dans le meilleurs des cas.
+ Les évaluations inadaptées en CP.  Les évaluations nationales sont une caricature du système scolaire français centralisé à l'extrême. S'il est pertinent de donner la priorité au primaire il convient pour un bon départ, d'apprendre à apprendre, de renforcer l'autonomie, le gout de l'effort, la curiosité et l'expression orale de chaque enfant. c'est ce que font des pays comme la Norvège ou les pays les mieux placés dans les classements internationaux.
Il convient d'ajouter à ces considérations une communication gadget infantilisante pour les personnels. Ce fut le cas avant la rentrées avec des propos sur le "Apprendre à lire , écrire et compter" comme si les Enseignants n'étaient pas au courant de leur mission. C'est stigmatisant pour eux et démagogique car uniquement destiné à une opinion  publique pour des enjeux exclusifs de communication.

        Un budget rétro: travailler plus pour...et moins de postes. Et l'orientation? 
Que dire du budget 2019. Le travailler plus pour gagner plus est gravé dans le marbre comme un évidence. Ce sera très souvent au dépend de la qualité de travail qu'exigent ces métiers. C'est en plus privilégier des carrières, des ambitions comptables au dépend de motivations liées à des projets. 
Le budget 2019 prévoit en outre, selon l'AFP, 3600 suppressions de postes 
toutes catégoriesconfondues, ceci dans le secondaire avec 1900 créations dans le primaire.  Mais selon l'agence de statistiques du ministère, les effectifs du second degré vont augmenter à chaque rentrée scolaire jusqu'en 2022. C'est une politique qui va donc, fragiliser les collèges pourtant considérés comme les maillons faibles de notre système éducatif.
Les collèges  sont le point de convergence de toutes les difficultés des jeunes au moment de leur adolescence. C'est là que se confirment les personnalités. C'est là que de fait, une sélection se construit. Ils méritaient mieux qu'une com débridée, sur les portables, qui a duré tout l'été.
C'est au collège, que tous les préjugés sont à l' œuvre, en particulier celui qui considère que la filière professionnelle est celle de l'échec. Ainsi j'étais sidéré de lire les propos d'un principal vanter la réussite de son établissement au motif que 78% des élèves étaient orientés en  filière générale. Les mentalités qui devront évoluer? Oui mais ce sera long.
L'orientation est une caricatureen France. C'est pourtant à sa réussite que devra être appréciée l'efficacité de notre système éducatif.

                                                                                                      Jean Claude Hiquet 29-09-2018

Retour à la semaine de 4 jours? L'intérêt de l'enfant?

 

 

Le retour à la semaine de 4 jours est officiellement autorisé.
II n'est pas imposé. La semaine de 4,5 jours qui s'est organisée depuis 2014 n'est pas abrogée. Mais des dérogations seront possibles pour revenir à la semaine de 4 jours "là où émerge un consensus local" selon la circulaire ministérielle. Le ministère ajoute "Une évaluation scientifique des différentes modalités d’organisation du temps scolaire sera conduite durant l’année scolaire 2017–2018". Voila qui est diffèrent et devient acceptable. Nos experts à la tête bien pleine et à la conscience d'eux mêmes bien faite, auraient du se contenter de cela: une évaluation méthodique de la semaine à 4,5 jours de classe, sans possibilité de changer dans l'immédiat.
Au lieu de cela, par méconnaissance totale de ce que peut être un débat parfois hystérisé sur le terrain, ils ont ouvert la boite de Pandore et permis une réactivité à cent lieues de l'intérêt de l'enfant. Le seul sujet abordé est donc ."On revient à 4 jours ou pas".
La presse a d'ailleurs accompagné cette simplification outrancière en tranchant par avance. Le Monde évoque un  "retour de la semaine de quatre jours dans le primaire" et "la semaine de 4 jours revient" selon  le Point et avec Le Télégramme "la quasi-unanimité des écoles pour le retour à la semaine de quatre jours" et la voix du nord dit juste, en titrant ,"La pagaille à la rentrée?"
Un débat qui peut être tranché sous 15 jours est biaisé. Ainsi on a pu entendre un Maire indiquer à des enseignants "c'est moi qui paye donc 4 jours". Des parents, se faisant parfois les portes paroles dissimulés d'enseignants voulant récupérer un jour, en rajoutant sur ces pauvres enfants épuisés le mardi. Mais s'ils sont fatigués c'est bien à cause des vendredis et samedis couchés à pas d'heures.
La circulaire ministérielle au lieu de permettre un plus d'objectivité et d'évaluation a produit le contraire, par méconnaissance du terrain. Elle a aussi donné des gages à des villes comme Nice et à des politiciens démagogues.
L'intérêt de l'enfant est encore une fois laissé pour compte, alors que nous savons bien que de bons apprentissages impliquent disponibilité et concentration, et donc une journée plus courte. Arrêtons de stigmatiser une école qui fatiguerait alors que nous savons que c'est le rythme de vie de l'enfant chez lui et les écrans à disposition, qui sont la vraie cause de ses difficultés.

Jean Claude Hiquet. 30-06-2017

Aménagement du rythme de vie des enfants
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